Restauration : qu’est-ce qu’on attend pour bien manger ?


La CGT-MAE a participé à une réunion d’échange avec la Délégation à l’action sociale (DPS) suite à l’enquête réalisée auprès des agents sur la restauration collective des différents sites du ministère à Paris et à Nantes.

1 487 agents sur 9 069 ont répondu au questionnaire, soit un taux de retour de 16%.

Cette consultation anticipe le renouvellement du marché de la restauration qui expire fin 2016 et la rédaction du cahier des charges.
A cet égard, la DPS nous a indiqué que le nouveau marché sera conclu pour une durée de 2 ans au lieu de 4 années en raison des travaux de rénovation de la cantine du Quai d’Orsay qui devraient durer une année.

La Délégation à l’action sociale souhaitait recueillir l’avis des organisations syndicales, tirer les principaux enseignements du sondage et analyser les attentes des agents en matière de repas.

En voici les principales :

  • Les agents sont attachés au système du forfait tarifaire
  • Les agents privilégient la qualité de la prestation culinaire sur la diversité
  • Ils demandent que la saisonnalité des fruits et légumes soit respectée
  • L’alimentation biologique est plébiscitée

La CGT/MAE a rappelé que la restauration collective, dans le cadre interministériel, a pour but de servir un repas équilibré, complet et à tarif social. Elle consiste en la préparation et au service des repas destinés à un groupe de d’agents et de retraités.
Cette prestation a une fonction sociale, puisqu’elle propose à des convives des repas équilibrés à des prix réduits. Le montant de la prestation repas versée par l’Etat est de 1,22 euro.

Agir pour la restauration collective, c’est donc répondre à des enjeux sociaux, alimentaires et nutritionnels.

Promouvoir une restauration collective de qualité est ainsi une évidence et un acte de santé publique !

Ainsi, la CGT-MAE a fait valoir que l’offre de sandwiches et de manière générale, de restauration sur le pouce dont on constate la part croissante ne peut, en aucun cas, être concernées par la subvention allouée par le ministère pour la restauration de ses agents qui ne s’applique qu’à l’offre de plats chauds et équilibrés.

En effet, la subvention de l’Etat de 1,22 euro est versée pour un repas-type et équilibré composé de 3 éléments (hors d’œuvre, plat, fromage ou dessert). Cette subvention est directement versée à l’organisme prestataire et doit permettre de faire baisser le prix du repas.

La CGT-MAE a indiqué qu’il n’était pas admis que le ministère contribue à subventionner un secteur où les marges commerciales sont les plus élevées.
La DPS nous a assurés que la cafétéria, en tant que modèle économique, serait dissociée du restaurant.
Selon les termes du marché à venir, le prestataire bénéficierait d’une offre commerciale sur le segment restauration rapide. Les repas achetés à la cafétéria ne seront donc pas subventionnés ; le surcoût sera donc à la charge de l’agent.

Dans le cadre des futurs travaux, une cafétéria sera installée sur le site du Quai d’Orsay.

S’agissant de l’offre de plats biologiques, notre syndicat plaide pour que cette filière soit développée. Il a indiqué qu’il ne souhaitait pas que les agents paient plus pour manger bio excluant ainsi les agents aux revenus peu élevés. Au nom de la démocratisation, nous avons demandé que le ministère continue à prendre en charge le surcoût lié à l’offre de produits biologiques à l’instar de la situation actuelle.

La CGT-MAE a appelé à favoriser un approvisionnement via le circuit court des producteurs comme le propose la fondation Nicolas Hulot.
Elle appelle de ses vœux l’intégration de ce critère dans le prochain cahier des charges.

A été évoquée l’idée du calcul de la tarification du repas en fonction de la rémunération de l’agent (primes compris).
La CGT-MAE ne peut pas être d’accord avec l’intégration des primes dans le calcul de la tarification. A ce jour, l’intégration de primes à la grille indiciaire pour déterminer le tarif du repas ne semble pas à l’ordre du jour.
Toutefois, à l’avenir, une évolution est fort possible dans le cadre de l’application de la PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations) qui verra certaines primes transformées en point d’indice.

Il reste qu’une restauration externalisée, telle qu’elle est pratiquée sur les sites parisiens, est plus coûteuse qu’une gestion interne type ADOS – cantine de Nantes – qui, avec moins de subvention, arrive à offrir des repas de meilleure qualité (voir les résultats de l’enquête montrant l’unanime satisfaction des usagers de la cantine de Nantes).
La gestion externalisée des restaurants parisiens ne garantit pas la qualité des repas et coûte plus cher : subvention du prestataire EUREST (hors subvention Etat/repas) + subvention de CANTINEO, cabinet conseil en restauration collective.

Ce surcoût est autant de manque à gagner pour le reste de l’action sociale.