Privatisation des cantines : payer plus pour manger moins !


- Depuis le 05 janvier, la restauration collective du MAEE est passée, externalisation oblige, sous la gestion du groupe privé EUREST.

- Les usagers auront, dès le premier jour, pu goûter l’évolution du service : qualité moindre et augmentation sensible du coût des repas.

- L’existence d’un menu dit "malin", au tarif social de 2,70 €, ne saurait nuancer ce constat : sa composition, tant sur le plan gustatif que diététique, laisse à désirer et rappellera à certains de mauvais souvenirs de resto U... Quant au pain dorénavant facturé à 0,18 € (pour "raisons d’hygiène" !) et à la disparition du bio, cela participe certainement de l’amélioration du service mise en avant par l’administration pour justifier l’externalisation.

- Car il ne faut pas se leurrer, le repas malin à 2,70 € c’est pour Eurest : des denrées non onéreuses, les
fournisseurs les moins chers, au détriment de la qualité de la nourriture (exemple des steaks hachés dont le prix varie
en fonction des viandes qui les composent).

- La CGT-MAE s’est toujours opposée à l’externalisation de la gestion des restaurants administratifs tout en privilégiant l’option d’une régie publique, claire et transparente.

- N’ayant pu empêcher cette externalisation, la CGT-MAE a
bien l’intention de demander des comptes à l’administration
concernant la subvention versée en 2009 pour la restauration collective à Paris : l’externalisation ne doit pas servir de prétexte à une baisse, voire une suppression de la subvention qui serait, le cas échéant, compensée par une hausse des tarifs et une baisse de la qualité des repas servis aux agents.

- L’exemple des prix des repas dans les cantines d’Issy les moulineaux (Société Avenance), avec une subvention pour les
personnels du MAEE, doit servir de modèle :

  • Le coût d’un plat principal à Issy-les-Moulineaux varie de
    2,80 € à 4,50 €. Le coût des entrées et des desserts varie
    de 0,60 € à 2,00 €.
  • La subvention MAEE dont bénéficient les personnels fait baisser le coût d’un repas complet (entrée, plat et dessert ainsi que le droit d’entrée) en fonction de la catégorie et de l’indice de l’agent. En
    conséquence de quoi, tout le monde peut manger ce qu’il veut
    sans surcoût et sans avoir à lorgner dans l’assiette du
    voisin mieux rémunéré qui lui est en mesure de s’offrir des
    repas de qualité supérieure.

- Le principe de solidarité qui prévalait auparavant et qui perdure différemment mais intelligemment à Issy-les-Moulineaux, doit s’appliquer de nouveau aux cantines du
ministère au Quai d’Orsay et rue La Pérouse !!!

- La nouvelle organisation des cantines Eurest aujourd’hui (hormis la problématique des droits d’entrée) introduit une
disparité financière conséquente en matière d’accès à un repas équilibré. Les bons petits plats ou les plats équilibrés à ceux qui ont leur porte-monnaie bien garni et aux autres le rationnement obligé ou le repas "malin" (soupe populaire à la ZOLA ?)

- C’est pourquoi la CGT a posé, en urgence, pour la réunion de concertation du 8 janvier, 4 questions sur les conséquences pour les usagers et les personnels des cantines de la
privatisation de la restauration collective sur les sites
parisiens. Quatre questions à propos :

  • Du montant de la subvention 2009 pour les services de restauration collective à Paris, en comparaison avec la
    subvention 2008 (862 771 €), en sachant que la subvention à
    Nantes passe de 155 100 € en 2008 à 158 870 € en 2009 ?
  • Des moyens mis en œuvre pour remédier à l’augmentation des tarifs des cantines parisiennes pour les usagers alors qu’à la réunion Comité Action Sociale du 12 novembre l’administration avait déclaré que "les tarifs à partir de 2009 seront du même ordre que les tarifs actuels" ?
  • Du décompte dans SAGHA du temps de transport et du délai
    d’attente pour le trajet poste de travail/site de
    restauration collective pour les agents du MAEE ?
  • Du respect de l’engagement de l’administration "sur le plan social" ( note au CAS du 31 octobre 2008) d’avoir choisi le groupe Eurest parce qu’il "devrait assurer la reprise de l’intégralité des salariés de l’ADOS, soit 48 personnes au
    total" ?

- Les personnels du MAEE doivent pouvoir continuer de se nourrir à un juste prix. Qu’ils le fassent savoir haut et fort. Hors de question que l’administration fasse des économies sur la subvention action sociale 2009 en privatisant les cantines à Paris. Refusons ces augmentations abaissant encore plus notre pouvoir d’achat.