Immeuble Lumière : Ombres et lumières !


Observations sommaires du syndicat CGT sur ce projet d’implantation du MAE

Texte transmis à l’administration le 6 avril 2005 en réponse à une demande d’avis après la visite du site et la dernière réunion du comité consultatif.

Avant de vous adresser une réflexion CGT plus large sur le projet de regroupement des services parisiens du MAE il nous semble impératif de prendre le temps nécessaire pour éviter que toute réflexion ne soit menée dans la précipitation avec un empressement dont nous ignorons les véritables raisons. Avons-nous bien, personnels et représentants syndicaux, tous les paramètres techniques, sociaux et financiers pour nous prononcer en toute impartialité ? A l’évidence non.

L’expérience du débat public autour du projet d’implantation sur le site de l’hôpital St Vincent de Paul doit au contraire amener l’administration, les personnels et leurs représentants à réfléchir ensemble sereinement à une amélioration des conditions de travail des 3058 agents du MAE (cette question des effectifs étant essentielle) lors d’un éventuel regroupement sur un site unique.

Après avoir consulté le représentant CGT au CHSCT du Crédit Lyonnais dont environ 1200 salariés ont occupé le site Lumière, dans la partie seine + aile sud, 3éme, 4éme et 5éme étages entre 1995 et 2005 (espace supposé destiné au MAE) le syndicat CGT/MAE vous transmet donc ses observations sommaires.

Tout d’abord il nous semble utile de rappeler que Bercy Expo, éphémère et coûteux centre international du vin devenu site Lumière n’a pas été conçu pour accueillir des bureaux mais des manifestations commerciales et les aménagements successifs n’ont jamais pu transformer cet immeuble en un véritable immeuble de bureaux. L’épaisseur de la trame nous parait en effet rédhibitoire (50 m maximum). Ce point faible a d’ailleurs été présenté par l’administration lors de la dernière réunion du comité consultatif (25 mars 2005).

Parallèlement dans l’hypothèse ou l’Etat se porterait candidat à la propriété du site Lumière et des 3 étages de sous-sol en réalisant une opération financière délicate et coûteuse (sur cote du prix de l’immobilier dans le quartier depuis environ 3 ans) les points importants pour les conditions de travail et de transport des personnels semblent être pour la CGT :

- 1. Points positifs, l’accessibilité (proximité des transports publics) de l’espace réservé au MAE et son environnement, la cantine et les équipements sociaux (salle de sport, bibliothèque) gérés, lors de la présence des salariés du Crédit Lyonnais, par les représentants du personnel.

- 2. Points négatifs, à l’exception des bureaux de l’encadrement supérieur partie Seine (en jaune sur le plan), conçus dés l’origine à usage de bureaux, l’installation de bureaux cloisonnés sur les plateaux destinés à l’origine à l’usage de "show-room" ( aile sud, aile nord, en vert sur le plan ) a induit des problèmes techniques insurmontables avec obligation de créer des surfaces en second et troisième jour.
La médecine du travail du Crédit Lyonnais et les représentants du personnel ont régulièrement alerté le CHSCT quant au problème du réglage de la climatisation et du taux d’humidité ambiant dans les locaux. Il semble que la climatisation conçue pour des "show- room" ne puisse pas être adaptable et réglable efficacement selon les besoins des personnels. D’autre part l’éclairage n’est pas modulable et l’éclairage naturel réservé à une minorité de salariés.

- 3. Point négatif annexe, les sous-sols sont régulièrement inondés.
Outre le problème de sécurisation du sous-sol ( le MAE ne pouvant s’implanter au-dessus d’un parking public) il nous semble raisonnable d’attendre les différents comptes rendus (services techniques de Bercy, rapport du programmiste, coût prévisionnel de fonctionnement) avant de nous prononcer.
Cependant le syndicat CGT/MAE est d’ores et déjà très réservé quant à l’implantation des services du ministère des affaires étrangères sur le site Lumière qui correspond mieux à l’implantation de services commerciaux divers et variés.

En conclusion nous rappellerons également qu’il nous parait paradoxal d’implanter une maison de la francophonie devant abriter 300 agents dans le 7ème arrondissement (début des travaux juillet 2006 pour un coût prévisionnel de 35 000 000 euros) alors que le MAE devrait se regrouper sur un site unique.
D’autre part la réalisation de la construction des bâtiments de La Courneuve semble retardée pour des problèmes juridiques : n’y a-t-il pas urgence pour justifier la dépense déjà engagée à mener ce projet jusqu’à son terme puis de construire un ministère des affaires étrangères à la hauteur de nos moyens financiers (pour l’instant inconnus) et de nos ambitions diplomatiques ?

En juillet 2005 Paris deviendra ou ne deviendra pas site olympique à l’horizon 2012 ne serait-il pas opportun d’attendre cette date et de renégocier avec la ville un projet d’implantation et de construction du MAE dans un espace accessible à tous usagers, agents et diplomates ? L’opération immobilière de cessions du patrimoine de l’Etat doit-elle se faire dans l’intérêt de l’Etat, des agents, des citoyens, des usagers ou dans l’intérêt des spéculateurs immobiliers ( voir les plus-values réalisées après une vente à la découpe ) ?

Cette question pour la CGT mérite d’être posée et fera l’objet de notre réflexion d’ordre générale sur les enjeux annexes (emploi public et politique immobilière) du projet de site unique que nous vous transmettrons prochainement.

mis en ligne le 26 avril 2005.